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La taille compte : les jardins domestiques face à la densification

par , , , , et | 28 Sep 2026 | Autres Articles

La densification des quartiers pavillonnaires est aujourd’hui un enjeu central des politiques d’aménagement et d’urbanisme en France. Elle conduit souvent à réduire la taille des jardins des maisons, alors même que ceux-ci jouent un rôle important pour la biodiversité, les continuités écologiques, les pratiques potagères et la relation quotidienne des citadins au vivant. Rédigé par des chercheuses et chercheurs issus de la géographie, de l’écologie, de l’urbanisme et de l’aménagement, cet article propose un état des connaissances sur les effets possibles de cette réduction, avec l’objectif d’éclairer les arbitrages qui s’imposent entre présence de la nature en ville et production de logements.

Face à l’impératif de lutte contre l’étalement urbain, renforcé en 2021 avec l’affirmation de l’objectif Zéro Artificialisation Nette (ZAN), il apparaît essentiel de mobiliser les fonciers déjà urbanisés pour pouvoir continuer à produire du logement. Parmi les gisements potentiels, les jardins des maisons individuelles sont particulièrement visés.
L’importance de ce gisement a dernièrement été réaffirmée par le ministère de la Transition écologique avec la publication en 2026 d’une « feuille de route pour les mutations du pavillonnaire ». Même avec un rythme de transformation modeste, le potentiel est évalué à 190 000 logements supplémentaires par an. Sans que cela soit nécessairement le cas (comme lorsqu’on ajoute un étage à une maison qu’on divise en deux appartements), l’exploitation de ce gisement implique le plus souvent une réduction de la taille des jardins. Cela vaut notamment pour les divisions parcellaires en vue d’ajouter une ou plusieurs maisons. Ce type d’opération suscite d’autant plus d’intérêt que la préférence des ménages pour l’habitat individuel est très marquée et qu’avec les divisions parcellaires, cette demande peut être satisfaite sans étalement sur des espaces naturels, agricoles ou forestiers.
Se pose alors la question de l’impact de telles constructions sur les usages des jardins et sur leurs fonctions écologiques. En l’état, la littérature académique ne permet pas de trancher complètement sur les effets de telle ou telle modalité de recomposition des tissus pavillonnaires. Elle ne permet pas de déterminer des tailles optimales de jardin, ou des seuils à partir desquels certaines caractéristiques écologiques seraient particulièrement affectées. Répondre à ces questions nécessite des recherches. Plusieurs sont en cours, auxquelles participent les rédactrices et rédacteurs de cet article, notamment grâce au projet Villegarden, qui porte sur la valeur écologique des espaces verts résidentiels (projet lancé en 2024 et financé par le programme « Villes durables et bâtiment innovants » de l’ANR) et le projet CoHabiter, qui vise à évaluer des scénarios de densification (projet lancé en 2026 et également financé par l’ANR dans le cadre du programme « Solutions fondées sur la nature »).

Ces recherches donneront leurs premiers résultats d’ici quelques années. L’enjeu est important. Comme le souligne la première partie de cet article, les jardins domestiques constituent une part substantielle des espaces à caractères naturels présents dans les villes (espaces qui, pour simplifier, et conformément à l’usage commun, seront qualifiés de « nature » dans la suite de cet article). La seconde partie expose les principales fonctions des jardins domestiques urbains, pour ouvrir, dans la partie suivante, sur les enjeux écologiques, vivriers et sociaux de la réduction de leur taille. La quatrième et dernière partie explore enfin les moyens de limiter les effets négatifs de cette réduction.

Avant d’y revenir en conclusion, soulignons dès à présent que cet article n’a pas vocation à fournir des arguments contre la transformation des quartiers pavillonnaires. Il vise plutôt à éclairer les débats, et notamment les arbitrages entre les bénéfices attendus de la réduction de la taille des jardins, comme la production de nouveaux logements, et les possibles coûts écologiques, vivriers et sociaux de cette réduction. Ces dernières années, les débats se sont principalement centrés sur les avantages de la densification des quartiers pavillonnaires et, plus encore, sur les moyens de lever les obstacles qu’elle rencontre. Il est vrai que, pour les urbanistes, il est plus simple de décider de préserver des jardins que de vaincre les réticences des habitants face à la densification. Dans ce contexte, certains acteurs (comme Villes vivantes par exemple[1]) soulignent qu’une telle densification peut être compatible avec le maintien, voire l’amélioration, de certaines qualités écologiques des espaces résidentiels. Cette possibilité ne signifie toutefois pas qu’une réduction généralisée de la taille des jardins soit sans conséquences à l’échelle d’un quartier ou d’un paysage.
Savoir dans quelle mesure, et à quelles conditions, la réduction de la taille des jardins affecte leurs fonctions écologiques, vivrières et sociales constitue donc une question centrale, qui appelle à être examinée à partir des connaissances et des résultats disponibles. C’est dans cette perspective que s’inscrit cet article. Sans a priori pour ou contre la densification, il vise à présenter l’état des connaissances scientifiques sur les effets associés à la taille des jardins et à sa réduction, et à identifier les points qui restent encore incertains ou insuffisamment documentés.

Les jardins domestiques, un enjeu sous-estimé pour la nature en ville

L’importance de la présence de la nature dans les villes est bien établie[2]. Cette présence comprend de nombreux aspects, plus ou moins complémentaires : pratiques vivrières, biodiversité, rafraîchissement urbain, qualité paysagère, santé, loisirs, etc. Ces rôles sont reconnus en France par le plan « Nature en ville », lancé en 2009, et révisé en 2024[3]. Ce plan s’inscrit dans une dynamique européenne, marquée par le Pacte vert pour l’Europe, lancé en 2019, et par la publication en 2024 d’un règlement « de restauration de la nature ». Ce règlement comprend l’obligation de maintenir, puis d’augmenter, les surfaces de nature dans les espaces urbains[4]. Cela se traduit entre autres par des plantations d’arbres sur l’espace public[5]
Dans cette perspective, le rôle des jardins domestiques a longtemps été négligé, la question de la nature en ville étant souvent ramenée à l’aménagement des parcs, des jardins publics, et à la végétalisation des rues, espaces sur lesquels les collectivités locales ont le plus de latitude pour agir. Les jardins domestiques sont pourtant un enjeu essentiel[6]. Diverses recherches soulignent que ces jardins sont l’une des principales sources de nature dans les villes[7].

Définis ici comme des espaces adjacents à l’habitation d’un ménage qui en maîtrise l’usage, les jardins domestiques sont principalement composés des jardins des maisons individuelles (même s’ils n’y sont pas réductibles car ils incluent aussi les jardins en jouissance privative des appartements des rez-de-chaussée des immeubles collectifs). Au Royaume-Uni, ils représentent ainsi entre 35 et 47 % des surfaces végétalisées urbaines[8]. En Nouvelle-Zélande, ils couvrent environ 36 % de la surface urbaine de la ville de Dunedin, soit davantage que l’ensemble des parcs et jardins publics[9].
En France, les données disponibles vont dans le même sens. Dans les trois départements de la petite couronne parisienne, la végétation se répartit quasiment à parts égales entre les espaces privés et les espaces publics (voir carte ci-dessous)[10].  Dans la métropole de Lyon, une étude sur les « espaces verts résidentiels » (catégorie qui inclut non seulement les jardins domestiques mais aussi les jardins des habitations collectives) a montré qu’ils représentent près de 45 % des surfaces végétalisées situées dans les zones urbaines. 80 % de ces surfaces se situent dans des jardins de maisons individuelles. Ces derniers représentent ainsi, à eux seuls, plus du tiers des surfaces végétalisées urbaines[11].

En petite couronne parisienne, environ la moitié des surfaces végétalisées se trouvent dans des espaces privés

Carte produite par Mathilde Riboulot avec des données de l’Atelier parisien d’urbanisme (APUR)[12].

Les jardins domestiques n’importent pas seulement en raison de la quantité des surfaces végétalisées qu’ils accueillent. Leur répartition dans le tissu bâti en fait également des maillons importants des continuités écologiques, en facilitant les déplacements des espèces entre les espaces de nature de plus grande importance. Cette connectivité est nécessaire aux nombreuses espèces qui, au cours de leur cycle de vie, doivent se déplacer d’un espace à l’autre pour se reproduire ou s’alimenter. Une étude menée en Allemagne sur le hérisson a ainsi montré que la suppression des jardins domestiques urbains réduirait de 75 % la connectivité du paysage pour cette espèce et de 63 % la surface des habitats centraux disponibles[13]. Bien sûr cette connectivité dépend de l’aménagement des jardins, on y reviendra, mais les jardins domestiques sont potentiellement des composantes clés des trames vertes et bleues, ainsi que des trames brunes[14].

Des jardins domestiques multifonctionnels

Dans leur contribution, majeure donc, à la présence de la nature en ville, les jardins domestiques jouent des rôles variables selon les sujets. Leurs usages et leurs configurations ne sont pas celles d’un grand parc urbain, ni celles des rues bordées d’arbres d’alignement. Dans cet article, nous nous centrons sur la biodiversité, les expériences de la nature et les pratiques potagères.

Pour ce qui est de la biodiversité urbaine, par leur superficie, leur répartition spatiale et les connexions qu’ils rendent possibles, les jardins domestiques fournissent une part importante des habitats et des ressources disponibles, et contribuent significativement au maintien des communautés végétales et animales sauvages en ville.
Les cartes de canopées urbaines, qui se développent de plus en plus, démontrent aussi la place prépondérante que tiennent les arbres associés aux jardins domestiques[15]. Or la présence d’arbres est importante pour la faune, notamment les oiseaux. Les arbres contribuent également au rafraîchissement des espaces urbains par l’ombrage et l’évapotranspiration, fonction appelée à prendre une importance croissante avec l’intensification des vagues de chaleur. Ils contribuent aussi à l’atténuation du bruit, à la captation du carbone, ou encore à l’infiltration de l’eau dans les sols[16].
Les jardins domestiques sont également reconnus comme des espaces importants de conservation de la biodiversité cultivée pour l’alimentation et l’agriculture[17]. A la différence des terres agricoles, où le nombre de variétés et d’espèces est généralement limité, les jardins abritent une grande diversité de plantes fruitières et potagères, ainsi que des variétés locales ou anciennes. Ils participent ce faisant au maintien des ressources génétiques des espèces cultivées, constituant un vivier de solutions variétales ou génétiques pour une agriculture confrontée à des conditions environnementales changeantes.
Ce rôle des jardins ne se limite pas à la biodiversité urbaine. Il touche à la biodiversité dans son ensemble. Des études montrent que certaines villes européennes et nord-américaines abritent plus d’espèces d’oiseaux, d’insectes ou de plantes que les territoires dédiés à l’agriculture, surtout lorsqu’elle est intensive[18]. Pour certaines espèces, notamment d’oiseaux, les villes sont devenues des habitats privilégiés[19]. Ce rôle des jardins dans l’entretien de la biodiversité suscite parfois des débats, notamment en lien avec leur fonction ornementale. Gérés plus ou moins intensément par leurs propriétaires, ils contiennent souvent une forte proportion d’espèces végétales exotiques, dont certains peuvent se révéler invasives[20].
Les jardins domestiques accueillent aussi bien évidemment une partie des activités pratiquées en extérieur par les habitants des villes. Ils sont parfois qualifiés de « pièce en plus », où l’on peut bricoler, recevoir ses amis, laisser les enfants jouer. Le cadre offert à ces pratiques n’est pas anodin. Les jardins domestiques constituent l’un des principaux lieux d’expérience de la nature voire du vivant pour les populations urbaines[21]. Dans une enquête menée auprès de plus de 1 000 habitants d’une région urbaine britannique, le temps consacré aux interactions intentionnelles avec la nature dans les jardins privés était supérieur à celui passé dans les parcs publics, faisant des jardins l’un des principaux supports de contact quotidien avec la nature[22].
L’intensité des discussions et débats contemporains sur le vivant et les « non-humains » le montre, cette expérience de la nature est essentielle. Elle confère aux jardins domestiques un rôle culturel et politique important. Ainsi, de nombreuses études montrent qu’une connexion forte à la nature est associée à une plus grande attention à la biodiversité et à sa conservation[23]. Les jardins domestiques ne se limitent donc pas à offrir un refuge à la biodiversité urbaine : ils contribuent aussi à façonner l’adhésion des citadins aux politiques de conservation de la biodiversité sauvage menées en dehors des villes[24].

Les relations à la nature jouent également un rôle important pour la santé à la fois physique et psychique des personnes. Ce rôle, mis en avant par l’OMS est bien connu[25]. Sur le plan psychique en particulier, de nombreux travaux montrent que le contact régulier avec des espaces naturels est associé à une réduction du stress, de l’anxiété et des symptômes dépressifs[26]. Au-delà de la contemplation ou de la présence passive, avoir des occupations dans la nature semble renforcer ces effets positifs, en combinant activité physique, stimulation sensorielle et sentiment de connexion au vivant. Cette connexion peut s’établir au travers d’activités comme la randonnée, mais le jardinage en est un vecteur important.
Outre la connexion avec le vivant qu’ils entretiennent, le jardin et le potager peuvent favoriser et entretenir les relations de voisinage, par l’échange de conseils, d’outils, de boutures ou tout simplement en créant des situations propices à des conversations par-dessus les haies.
Les pratiques jardinières et potagères ont également d’importantes dimensions morale et économique, particulièrement dans les classes populaires[27]. Même si peu de jardiniers déclarent cultiver un potager pour faire des économies, pour de nombreux ménages, l’autoproduction joue un rôle déterminant dans l’accès à des fruits et légumes de qualité, vu leur prix dans le commerce[28]. D’après des données de l’INSEE, en 2017, 20 % des ménages ont consommé des produits alimentaires de leur propre production ou de celle d’un autre ménage[29]. Pour les légumes, cette autoproduction a représenté 23 % de la consommation à domicile pour l’ensemble des Français. Bien sûr, cette autoconsommation est particulièrement forte dans les espaces ruraux, mais elle reste significative dans les agglomérations urbaines.
Dans la ville d’Angers[30], plus de 5 000 potagers individuels ont été recensés, couvrant un peu plus de 17 hectares, soit une superficie moyenne de 33 m² par potager (voir figure ci-dessous). Dans certains quartiers, plus du tiers des maisons possèdent un potager. Des chiffres similaires ont été retrouvés dans les banlieues de Caen. A l’échelle de l’agglomération caennaise, la valeur commerciale moyenne des légumes produits dans les jardins domestiques a été estimée à 450 euros par an, soit plus de 10 % du budget consacré chaque année par les ménages ouvriers à leur alimentation à domicile (hors boissons alcoolisées). Et ceci n’inclut pas les productions de fruits.
Dans les grandes métropoles, où la pression foncière est plus forte, les ménages qui veulent autoconsommer ont plus difficilement accès à un jardin. Les pratiques restent toutefois présentes, en particulier dans les banlieues populaires, et plus encore dans les communes populaires de la couronne périurbaine. Ainsi, aux alentours de Roissy, la part des jardins individuels dotés d’un potager oscille entre 5 % et 12 %[31]. Dans ce territoire, la surface cultivée par ménage est proche de celle observée à Angers[32].

Des potagers très présents dans les banlieues pavillonnaires

Carte des surfaces cumulées des potagers domestiques en 2022 autour d’Angers réalisée par Maxime Marie (2025) et mise en ligne sur le site de l’Atlas social d’Angers

Pourquoi la taille des jardins compte

Il existe un lien étroit entre la taille des jardins et la biodiversité qu’ils peuvent accueillir. Selon une étude conduite à Sheffield et publiée en 2005[33], les types d’occupation du sol sont plus diversifiés dans les grands jardins, avec une présence plus fréquente d’éléments particulièrement importants pour la biodiversité, tels que les arbres, les bordures cultivées, les zones de végétation spontanée, les pelouses non tondues, les potagers, les mares ou les composteurs. D’autres études menées par la suite[34] ont confirmé et étendu ces résultats.
Celle menée à Sheffield a par ailleurs montré que plus les jardins sont petits, plus la proportion d’imperméabilisation des parcelles est élevée. La réduction de la taille des jardins se traduit donc par une diminution encore plus importante de la surface végétalisée disponible en ville. À Uwchlan aux États-Unis, des chercheurs[35] ont également établi l’existence d’une forte corrélation négative entre la superficie moyenne des parcelles d’un lotissement résidentiel et le taux d’imperméabilisation des surfaces couvertes par ce lotissement.
Or de nombreuses études montrent que la biodiversité en ville (mesurée par la richesse spécifique et l’abondance des organismes) est largement déterminée par la quantité et la diversité des habitats végétalisés disponibles. Ainsi, une diminution de la couverture végétale et une augmentation concomitante des surfaces minéralisées s’accompagnent généralement d’une réduction marquée de la richesse spécifique, de l’abondance et parfois de la diversité fonctionnelle de nombreux groupes taxonomiques, notamment les plantes, les invertébrés et les oiseaux[36].
La présence d’arbres constitue à cet égard un enjeu particulier. Une étude récente menée dans les jardins domestiques d’Orléans et de Caen montre que le couvert arboré augmente avec la taille des jardins[37]. La réduction de leur superficie peut donc limiter la place disponible pour les arbres, en particulier pour les arbres de grande taille. À Lund, en Suède, une autre étude montre que les propriétés résidentielles récentes sont principalement occupées par les bâtiments et les surfaces pavées, et que leurs petits jardins comportent peu d’éléments favorables à la biodiversité et notamment peu de grands arbres[38]. Ceux-ci font souvent trop d’ombre et doivent être taillés trop régulièrement.
Pour ce qui est des pratiques potagères, le manque de place disponible est perçu comme un obstacle par les jardinières et les jardiniers[39]. Les recherches manquent pour déterminer l’influence de la taille du jardin sur la présence de potagers et sur leur productivité. Cela étant, sur un corpus de plus de 7 500 jardins d’une superficie supérieure à 100 m² en Ile-de-France, l’observation de potagers de 100 m² ou plus est deux fois plus fréquente dans les jardins de plus de 400 m² (40 %, contre seulement 22 % pour les jardins de moins de 400 m²[40]). Ces résultats suggèrent que, plus un jardin est petit, moins il y a de chance qu’un potager de taille significative y soit cultivé. En deçà d’un certain seuil, cette probabilité devient négligeable. Lorsque l’espace disponible devient exigu en effet, le potager s’efface devant d’autres usages jugés plus importants (détente, jeux, ornement, etc.). Par ailleurs, les cultures potagères les plus prisées, notamment les courgettes et les tomates, nécessitent de l’ensoleillement. Or cet ensoleillement est plus difficile à trouver dans les petits jardins, surtout lorsqu’ils se trouvent dans un environnement dense, entourés de bâtiments qui portent de l’ombre.
Les impacts de la réduction de la taille des jardins sur les pratiques potagères sont redoublés si on tient compte de la géographie sociale. En effet, dans les quartiers populaires, les jardins sont plus petits, alors que les potagers y sont les plus grands et les plus productifs. Dans les quartiers résidentiels plus favorisés, les jardins sont à la fois plus étendus et mieux protégés de la densification et des divisions parcellaires, alors même que les potagers y sont moins grands.

Des effets modulés par les pratiques et l’organisation collective

La taille ne fait évidemment pas tout. Les qualités des jardins dépendent de nombreux autres facteurs, à commencer par leur environnement. Ces effets contextuels sont encore mal connus dans leurs détails. Ils jouent à plusieurs échelles. A l’échelle des villes et des agglomérations, si, comme on l’a dit, les jardins peuvent entretenir les continuités écologiques, ces continuités peuvent réciproquement favoriser la biodiversité dans les jardins individuels. A l’échelle d’un voisinage, un jardin entouré d’immeubles et de cours imperméabilisées n’apportera pas les mêmes contributions écologiques qu’un jardin environné d’arbres. Enfin, à l’échelle du jardin lui-même, les pratiques et les usages sont très déterminants[41]. Cela commence par les clôtures. Un jardin ceint par des haies végétales composées d’espèces locales et variées n’a pas les mêmes caractéristiques écologiques qu’un jardin entouré de clôtures en PVC[42]. Les aménagements en faveur de la circulation de la petite faune jouent également un rôle important, et ceci quelle que soit la taille des jardins. Une étude menée à Caen montre ainsi que les habitants qui disposent d’un jardin peuvent grandement favoriser la présence des hérissons en ville en acceptant l’installation de passages à microfaune[43].
D’une manière générale, l’aménagement et l’entretien du jardin conditionnent largement la biodiversité effective. Le succès des pelouses synthétiques n’est d’évidence pas favorable à la biodiversité. Des tontes très fréquentes ou l’usage de fertilisants et de pesticides sont également défavorables (depuis 2019, la loi Labbé interdit d’ailleurs aux particuliers l’usage de produits phytopharmaceutiques de synthèse). De ce point de vue, un enjeu majeur reste la valorisation des qualités écologiques des jardins, quelle que soit leur taille. L’évolution des sensibilités des ménages aux apports écologiques des jardins dont ils ont la charge est particulièrement importante. Les jardineries, par leur offre et les conseils qu’elles donnent, ont aussi un rôle à jouer[44].

Concernant les potagers, on sait qu’au-delà d’un certain seuil, la taille du jardin n’a plus d’impact, les facteurs limitant étant les capacités et les préférences des jardiniers et des jardinières. Les grands potagers les plus productifs sont par exemple généralement tenus par des jeunes retraités, c’est-à-dire par des personnes qui disposent de plus de temps pour le jardinage[45]. Plusieurs études montrent qu’à taille égale, la productivité par mètre carré est très variable[46]. Ces éléments conduisent certains acteurs de l’urbanisme à affirmer que réduire la taille des jardins n’empêche pas nécessairement d’avoir un jardin productif. Mieux, diviser les jardins permettrait d’avoir plus de jardiniers et de jardinières et donc d’intensifier l’usage nourricier des sols urbains[47]. Ces acteurs mettent en avant divers guides pratiques et chaînes youtube qui rencontrent un certain succès avec la promesse d’un petit potager très productif.
Cependant, les enquêtes de terrain rigoureuses sont rares sur ce sujet. A priori, plusieurs obstacles se dressent sur la voie d’une production alimentaire significative dans un petit jardin. D’abord, comme on l’a dit, cela impose de renoncer à d’autres usages du jardin. Ensuite, lorsque l’espace manque, une certaine technicité est nécessaire pour maîtriser les expositions, les associations entre plants. Une autre difficulté concerne la production fruitière. D’après l’étude de l’INSEE déjà mentionnée, l’équivalent de 14 % du budget que les ménages consacrent à la consommation de fruits provient des vergers domestiques. Cette production fruitière est d’autant plus intéressante qu’elle permet d’inclure la strate arborée dans les jardins. Or cette strate est souvent défaillante dans les petits jardins mis en culture. Avoir des arbres fruitiers dans un tel contexte, nécessite un important travail de taille et complique la gestion de l’ensoleillement[48].

D’autres options existent pour augmenter le rapport entre surfaces disponibles et pratiques potagères. La principale consiste à regrouper les potagers à l’échelle d’un quartier. Un modèle est bien connu, celui des jardins collectifs, avec des parcelles soit individualisées, soit partagées[49]. Ce modèle, ancien, reste attractif pour les ménages, avec une forte demande. La pression foncière fait cependant obstacle à leur maintien, sans parler de leur développement. Comme les jardins domestiques, ils sont régulièrement les objets de projets immobiliers[50]. Une autre possibilité consiste à organiser des espaces cultivés en cœur d’îlot, en rassemblant des fragments de jardins privés mitoyens. La pratique est rare mais existe[51]. Certaines cités-jardins ont du reste été organisées autour de ce modèle.
Une autre option pour intensifier les pratiques potagères consiste à promouvoir des réseaux d’entraide entre voisins[52]. Cette approche est d’autant plus pertinente que les pratiques potagères sont très loin d’être purement individuelles, elles reposent souvent sur des échanges de conseil, d’outils et de graines à l’échelle du voisinage.
Certaines villes, au Canada et en Belgique, sont allées plus loin avec des expériences d’installation de “maraîcher de quartier”[53]. Des conventions peuvent ainsi être mises en place entre des propriétaires et des maraîchers pour la mise en culture d’une partie de leurs jardins.  De tels programmes d’action permettent de surmonter l’obstacle de l’engagement en temps, et en compétence, que nécessite la mise en place d’un potager productif et écologique. Ils peuvent également avoir une dimension sociale, notamment pour lutter contre l’isolement des personnes âgées.

Conclusion : quels compromis entre densification et valeurs écologiques et sociales des jardins ?

Rappelons donc les principaux éléments qui ressortent de la littérature académique. D’abord, les jardins domestiques, associés pour l’essentiel à l’habitat individuel, sont déterminants pour la présence de la nature en ville, présence elle-même primordiale pour l’expérience du vivant des citadins, ainsi que pour la qualité de la vie urbaine et les écosystèmes. Les jardins domestiques jouent également un rôle important dans l’alimentation des ménages, particulièrement pour les classes populaires.
Par ailleurs, la littérature est assez claire sur le fait que la taille des jardins est le principal déterminant de la présence de la biodiversité en ville. La littérature est nettement moins fournie sur les rapports entre taille et pratiques vivrières, mais tout laisse à penser qu’il existe un seuil au-dessus duquel la taille ne joue plus et, surtout, un seuil en dessous duquel les pratiques potagères deviennent rares. Des recherches restent à conduire, mais ce seuil se situe probablement autour de quelques centaines de mètres carrés pour la surface de jardin disponible, en dehors de la maison.
La taille n’est bien entendu pas le seul facteur à considérer. La densification peut donc voir ses effets compensés par diverses dispositions, présentées et discutées dans la dernière partie de cet article. Ces dispositions vont des mesures de formation et d’incitation à des politiques publiques fortes. On sait toutefois encore assez mal quelles sont les mesures les plus pertinentes. Là encore, des recherches et des expérimentations locales seraient à réaliser.
Ces réflexions et ces initiatives impliquent un changement de philosophie des politiques publiques. Jusqu’ici l’aménagement des jardins domestiques a avant tout été regardé comme une affaire privée. Dans les lotissements et ensembles pavillonnaires, les usages sont souvent contraints, avec notamment l’interdiction des poulaillers, voire des potagers, ou diverses règles sur la composition et la taille des haies, mais ces contraintes sont généralement de droit privé, consignées dans un cahier des charges ou un règlement de copropriété. Certes, depuis quelques années, la réglementation publique intervient sur les jardins : avec la loi Labbé de 2019 ou avec les Plans locaux d’urbanisme (dont certains articles peuvent fixer des coefficients de pleine terre, et plus rarement mobiliser des Coefficient de biotope par surface[54]). L’intégration des problématiques de surchauffe urbaine pousse également à la réglementation des jardins dans les PLU[55]. Circule également l’idée de mobiliser les obligations réelles environnementales dans les quartiers pavillonnaires[56]. La voie est donc ouverte pour une prise en compte de la valeur publique des jardins privés, mais le cheminement ne fait que commencer.
Il ne s’agit pas seulement d’agir avec les jardiniers, il convient aussi de réfléchir à la transformation du bâti. A priori, pour préserver la biodiversité sur une parcelle, l’augmentation de la surface bâtie doit d’abord se faire en hauteur, pour limiter l’emprise au sol[57]. Dans ce cas, comment limiter les ombres portées là où les pratiques potagères prennent place ou pourraient le faire ? Par ailleurs, faut-il privilégier une densification dispersée ou concentrée dans des petites polarités, comme le propose le nouveau plan local d’urbanisme de Grand Paris Grand Est[58] ? Et lorsqu’une division parcellaire s’impose pour construire une maison, quels sont les seuils optimaux pour les espaces verts restants ? C’est tout l’enjeu du projet CoHabiter auquel l’ensemble des rédactrices et rédacteurs de cet article participent.
L’enjeu de ces réflexions est aussi social. L’accès des classes populaires aux jardins domestiques est particulièrement en question[59]. Dans les grandes villes, disposer d’un jardin, ou même d’un simple balcon, est souvent un privilège. Le grand confinement de 2020 a bien montré l’importance de ces inégalités[60]. Les difficultés d’accès au jardin des classes populaires pourraient être renforcées par la mise en application à partir de 2031 de la nomenclature des sols artificialisés fixée par décret en 2023[61]. En effet, ce décret établit qu’une surface végétalisée peut être considérée comme non artificialisée si elle couvre au moins 2 500 m² et comprend au moins 25 % de couvert arboré. Ces seuils, même s’ils sont appréciés en vue aérienne, indépendamment des limites parcellaires, sont rarement atteints dans les banlieues pavillonnaires populaires.

Ainsi, la taille des jardins domestiques se situe à la croisée de plusieurs enjeux : lutte contre l’étalement urbain, préservation de la biodiversité, alimentation, qualité de vie et équité d’accès à la nature en ville. Ces enjeux invitent à une réflexion collective pour articuler la production de logements avec la préservation des fonctions écologiques et sociales des jardins domestiques, tout en prêtant une attention particulière aux inégalités d’accès à la nature au cours de la vie quotidienne.


[1] Voir : https://villesvivantes.com/faire-la-ville-avec-la-nature
[2] Pour des perspectives récentes sur le sujet, voir :  Machon N., Di Pietro F., Bertaudière-Montès V., Carassou L. et Muller S. (coord.) 2025, Ecologie urbaine – Connaissances, enjeux et défis de la biodiversité en ville, Quae. Voir également : Musy M., G. Aggeri G. et Aubry C. (coord.), 2026, Réinventer la nature en ville. Regards scientifiques et témoignages d’acteurs, Quae.
[3] Ce plan est accessible ici : Plan Nature en Ville | Ministères Transition écologique, Aménagement du Territoire, Transports, Ville et Logement
[4] Voir notamment l’article 8 (p. 26) de ce règlement de l’Union européenne
[5] Castagneyrol B., 2026, Quelle place pour l’arbre en ville ? Entre bénéfices et contraintes, Quae
[6] Riboulot-Chetrit, M., 2015, “Les jardins privés : de nouveaux espaces clés pour la gestion de la biodiversité dans les agglomérations ?”, Articulo – Journal of Urban Research.
[7] En France, les données de ce type vont s’affiner et se multiplier avec les données CoSIA (pour « couverture du sol par IA »). Dans le cadre du projet Villegarden, des évaluations quantitatives des surfaces végétalisées domestiques sont ainsi en cours pour sept grandes villes françaises.
[8] Loram, A., Tratalos, J., Warren, P.H., Gaston, K.J., 2007, “Urban domestic gardens : the extent & structure of the resource in five major cities”, Landscape Ecology, 22, p. 601–615.
[9] Mathieu, R., Freeman, C., & Aryal, J., 2007, “Mapping private gardens in urban areas using object-oriented techniques and very high-resolution satellite imagery”, Landscape and urban planning, vol. 81, n°3, p. 179-192.
[10] Voir Riboulot-Chetrit M. 2016. Les habitants et leur jardin, relations au vivant, pratiques de jardinage et biodiversité au cœur de l’agglomération parisienne, Thèse en géographie, Université Paris I Panthéon-Sorbonne. Voir également Serret, H., Raymond, R., Foltête, J.-C., Clergeau, P., Simon, L., Machon, N., 2014, “Potential contributions of green spaces at business sites to the ecological network in an urban agglomeration: The case of the Ile-de-France region, France”, Landscape and Urban Planning, vol. 131, p. 27–35.
[11] Voir le chapitre 6 de Boutreux T. 2024, L’habitat collectif : des communs pour cohabiter avec la biodiversité ? Une recherche-action en écologie et géographie pour la soutenabilité urbaine, Thèse en écologie, géographie et aménagement, Université Lyon 1
[12] La végétation « publique » se situe dans les cimetières, les îlots de voieries, les infrastructures, les parcs, les terrains de plein air, les talus, les terrains de sport et les voies. La végétation « privée » ne concerne que la végétation « individuelle », sans la végétation privée des équipements. Pour plus de détails, voir Riboulot-Chetrit M. 2016. op.cit.
[13] App, M., Strohbach, M. W., Schneider, A. K., & Schröder, B., 2022, “Making the case for gardens: Estimating the contribution of urban gardens to habitat provision and connectivity based on hedgehogs (Erinaceus europaeus)”, Landscape and Urban Planning, vol 220.
[14] Sur ces dernières voir : https://geoconfluences.ens-lyon.fr/glossaire/trame-brune
[15] Locke, D. H., Hall, B., Grove, J. M., Pickett, S. T. A., Ogden, L. A., Aoki, C., … & O’Neil-Dunne, J. P. M., 2016, “Residential land is more important than you think: Modeling urban tree canopy cover by land use.”
Urban Forestry & Urban Greening, 19, p. 203–212.
[16] Pour un premier aperçu du sujet, voir Munson, A., et Paré, A. 2022, “En ville, les grands arbres sont indispensables”, The Conversation, mai, Voir aussi : Esperon-Rodriguez M, Gallagher RV, Arndt S, Asibey MO, Augustinus BA, Ballinas M, et al. 2026, “Rethinking urban forests as essential infrastructure for resilience, equity, and biodiversity in the current climate emergency”, PLOS Climate, vol. 5, n° 7, e0000953.
[17] Galluzzi, G., Eyzaguirre, P., Negri, V., 2010, “Home gardens: neglected hotspots of agro-biodiversity and cultural diversity”. Biodiversity and Conservation, vol. 19, p. 3635–3654 ; Korpelainen, H., 2023. “The Role of Home Gardens in Promoting Biodiversity and Food Security”. Plants, vol. 12, 2473.
[18] Voir cette revue de littérature : Flégeau, M., 2020, Formes urbaines et biodiversité: un état des connaissances. Plan urbanisme construction architecture.
[19] Voir Delahay, R.J., Sherman, D., Soyalan, B., Gaston, K.J., 2023,” Biodiversity in residential gardens: a review of the evidence base.” Biodiversity and Conservation, vol. 32, p. 4155–4179.
[20] Ward, S.G., Amatangelo, K.L., 2018. “Suburban gardening in Rochester, New York: Exotic plant preference and risk of invasion”, Landscape and Urban Planning 180, p. 161–165 ; Mayer, K., Haeuser, E., Dawson, W., Essl, F., Kreft, H., Pergl, J., Pyšek, P., Weigelt, P., Winter, M., Lenzner, B., Van Kleunen, M., 2017. “Naturalization of ornamental plant species in public green spaces and private gardens”. Biol Invasions 19, p. 3613–3627.
[21] Riboulot-Chetrit, M., Simon, L., Raymond, R., 2018, « Making space for disorder in the garden: developing biophilia to conciliate esthetics and biodiversity”, in Glatron, S., Granchamp, L., (dir.) The Urban Garden. City Shaping the City with Gardens through History, Springer.
[22] Cox, D.T.C., Hudson, H.L., Shanahan, D.F., Fuller, R.A., Gaston, K.J., 2017, “The rarity of direct experiences of nature in an urban population”, Landscape and Urban Planning, 160, p. 79–84.
[23] Mackay, C. M., & Schmitt, M. T., 2019, “Do people who feel connected to nature do more to protect it? A meta-analysis.” Journal of environmental psychology, 65, 101323; Voir également Richardson, M., Passmore, H. A., Barbett, L., Lumber, R., Thomas, R., & Hunt, A., 2020, “The green care code: How nature connectedness and simple activities help explain pro‐nature conservation behaviours”, People and Nature, vol. 2, n° 3, p. 821-839.
[24] Plus de 51 % de la population française habitent un pôle urbain et 43 % habitent une couronne périurbaine (d’après le zonage en Aire d’attractions des villes de l’INSEE, sur la base des données du recensement de 2017). INSEE Focus n°211
[25] Voir ce rapport de 2016 intitulé “Urban Green Spaces and Health”
[26] Voir par exemple, Marois, A. 2020, « Restauration cognitive par la nature : vers une intégration dans les milieux professionnels et scolaires. » Revue québécoise de psychologie, vol. 41, n° 3, p. 53–74.
[27] Voir Marie, M., 2019, « Estimation de la contribution de la production potagère domestique au système alimentaire local. Enseignements à partir de l’étude des cas de Rennes, Caen et Alençon », VertigO – la revue électronique en sciences de l’environnement, vol. 19, n° 2. Voir aussi Jégat, L. et Marie, M., 2025, « La production alimentaire : élément révélateur du caractère populaire des jardins potagers ? Réflexions à partir du cas de l’agglomération caennaise », Pour, 251-252(1), p. 225-235.
[28] Voir cette étude de FranceAgriMer pour les jardins familiaux ; ou cette étude commanditée par la Société nationale d’horticulture de France en 2018; en Europe de l’Est cela a aussi été montré Smith, J., Jehlička, P., 2013. « Quiet sustainability: Fertile lessons from Europe’s productive gardeners”, Journal of Rural Studies, 32, p. 148–157.
[29] Voir : En 2017, 20 % des ménages ont consommé des produits alimentaires de leur propre production ou de celle d’un autre ménage – Insee Focus n°236
[30] Voir Marie, M., 2025 : « Les potagers domestiques dans l’agglomération angevine », in Davodeau, H., Guillemot, L. & Giffon, S., Atlas Social d’Angers,
[31] Darly, S., 2025, « Les jardins privés du périurbain d’Île-de-France, un refuge de moins en moins accueillant pour les potagers vivriers ? », Pour, 251-252(1), p. 237-246
[32] Darly, S., Feuillet, T., & Laforêt, C., 2021, “Home gardening and the social divide of suburban space: Methodological proposal for the spatial analysis of a social practice in the Greater Paris urban area”, Sustainability, vol. 13, n° 6, 3243.
[33] Smith, R. M., Gaston, K. J., Warren, P. H., & Thompson, K., 2005, “Urban domestic gardens (V): relationships between landcover composition, housing and landscape”, Landscape ecology, vol. 20, n° 2, p. 235-253.
[34] Notamment Loram et al., art. cit, 2008, et Delahay et al., art. cit. 2023.
[35] Hebble, E.E., Carlson, T.N., Daniel, K., 2001, “Impervious Surface Area and Residential Housing Density: A Satellite Perspective”, Geocarto International vol. 16, p. 15–20
[36] McKinney, M. L., 2008, “ “Effects of urbanization on species richness: a review of plants and animals”, Urban ecosystems, vol 11, n° 2, pp. 161-176 ; Chace, J. F., & Walsh, J. J., 2006, “Urban effects on native avifauna: a review”, Landscape and urban planning, vol. 74, n° 1, pp. 46-69 ; Beninde, J., Veith, M., & Hochkirch, A., 2015, “Biodiversity in cities needs space: a meta‐analysis of factors determining intra‐urban biodiversity variation”, Ecology letters, vol. 18, n° 6, pp. 581-592.
[37] .Mohamed, A., Di Pietro, F. & Rousselet, J., 2026, « Déterminants des choix de plantation d’arbres dans les jardins domestiques en contexte de colonisation par la processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa) », Natures Sciences Sociétés, vol. 33, n° 4, p. 416-439.
[38] Hanson, H. I., Eckberg, E., Widenberg, M. & Alkan Olsson, J., 2021, “Gardens’ contribution to people and urban green space”, Urban Forestry & Urban Greening, vol. 63, 127198
[39] Schupp, J. L., Som Castellano, R. L., Sharp, J. S., & Bean, M., 2016, “Exploring barriers to home gardening in Ohio households. Local Environment, vol. 21, n° 6, p. 752–767 ;  Penvern, L., Duchemin, E., Vandelac, L. et McClintock, N., 2026, “Le jardinage comme pratique de « résilience » pour les ménages en insécurité alimentaire en temps de pandémie au Québec”, Anthropology of food, 19, mis en ligne le 16 avril ; Cerda C, Guenat S, Egerer M and Fischer LK, 2022, “Home Food Gardening: Benefits and Barriers During the COVID-19 Pandemic in Santiago, Chile”, Frontiers in Sustainable Food System,  vol. 6.
[40] Darly, S., Feuillet, T., & Laforêt, C., 2021, art.cit.
[41] Delahay et al., art. cit. 2023. Voir aussi Brun M., Groueff L., Mangold M. & Soichet H., 2026, Composer avec le vivant. Pratiques du jardin dans le pavillonnaire périurbain, Leroy Merlin Source
[42] Sur les clôtures et les haies, on peut lire : Frileux P., 2013, Le Bocage pavillonnaire. Une ethnologie de la haie. Créaphis et Nowakowski F., Faire le tour de la clôture : délimitations, interactions et ajustements dans l’espace pavillonnaire. 2022. Thèse de doctorat. ENTPE.
[43] Narbonne, I., Tamisier, C., Batardy, J., Bories, C., Calvier, P., Fabre, A., Force, L., Forget, A., Gomis, G. Guenet, E., Karam, L., Lino, T., Lopez, R., de Miguel Ozanne, L., Valognes, E., Clauzel, C., Grancher D., et Riboulot, M., 2025, “L’acceptabilité sociale des passages à hérisson dans les jardins privés de l’agglomération de Caen (France) ”, VertigO
[44] Voir Brun M., Groueff L., Mangold M. & Soichet H. op. cit. 2026.
[45] Voir Dutertre, Q., Lachaise, M., Collard, B., & Baudry, E., 2026, « “Cultivating biophilia: Domestic gardens foster positive emotions towards wildlife, with gardening influence shaped by species’ ecological functions”, People and Nature, vol. 8, n° 5. p. 1218–1232. Voir aussi : Jégat, L. et Marie, M., 2025, art. cit.
[46] J. Pourias. 2014, Production alimentaire et pratiques culturales en agriculture urbaine : Analyse agronomique de la fonction alimentaire des jardins associatifs urbains à Paris et Montréal. Thèse de doctorat, AgroParis Tech et Université du Québec à Montréal ; Voir aussi L. Penvern, 2024, Etude du jardinage domestique et de son potentiel alimentaire dans la région de Montréal, thèse de doctorat, Université du Québec à Montréal.
[47] Voir par exemple cette page du site dédié à la recherche et au développement de la société Villes vivantes, qui promeut la densification dans les quartiers pavillonnaires . Biodiversité et production potagère s’y trouvent assimilées alors que les deux sujets doivent être distingués.
[48] Comme l’explique Joseph Chauffrey, qui a consacré une chaine youtube à la présentation de son expérience de mise en culture d’un jardin de 150 m²,12 ans après leur plantation, les arbres fruitiers lui demandent “un temps de taille astronomique” pour préserver l’ensoleillement de son jardin et éviter les débordements dans les jardins voisins
[49] Voir Joimel S., F. Di Pietro, J-N. Consalès, 2025, « Biodiversités et agricultures urbaines » in N. Machon , F. Di Pietro, V. Bertaudière-Montès, L. Carassou et S. Muller (coord.), op. cit. 2025, p.102-111 ; voir également Pourias, J., Duchemin, E. et Aubry, C., 2015, « Products from urban collective gardens : food for thought or for consumption ? Insight from paris and Montreal”, Journal of Agriculture, Food Systems, and Community Development, vol. 5, n° 2, p. 175-199.
[50] .Consalès, JN, Cordier, F., Blanchart, A., Schwartz, C., Séré G., et Vandenbroucke, P., 2018, « Des documents de planification et d’urbanisme aux politiques publiques dédiées : la prise en compte des jardins collectifs dans sept agglomérations françaises  », VertigO, Hors-série 31, septembre.
[51] C. Voutaz-Lyonnais, 2025, Anim(alis)er la ville pour l’écologiser ? Géographies des politiques, des récits et du travail avec les poules et les chevaux en France, thèse de doctorat, Université Lyon 3.
[52] Voir Darly, S., Temple-Boyer, É., Sourzac, A. et Gonin, A., 2021, « Nouveaux arrangements fonciers pour citadins sans terre : émergence d’acteurs intermédiaires dans la relation propriété-usage des jardins privés de la métropole », Géographie, économie, société, vol. 23, n°4, pp. 367-386.
[53] Concernant le Canada, voir Wekerle, G. R., & Classens, M., 2015, “Food production in the city: (re)negotiating land, food and property”, Local Environment, vol. 20, n° 10, pp. 1175–1193 ; Sur le cas de la Belgique, voir Denys M., Errera D. et Vlaminck N., 2018, Faciliter l’accès à la terre. Cultiver sur petites surfaces et sur plusieurs sites, Rapport de recherches, CEESE-ULB, Bruxelles.
[54] Voir Les coefficients de surfaces non imperméabilisées ou éco-aménageables : coefficient de biotope par surface (CBS), coefficient de pleine terre (CPT)… | Outils de l’aménagement
[55] Thouvenot, A., 2026, « Intégrer un risque majeur de surchauffe urbaine dans la planification ? », Métropolitiques, 16 mars
[56] Voir Pesenti, M., « Le potentiel écologique et vivrier des sols de la métropoles », note de synthèse pour la plateforme POPSU Lyon, 2024.
[57] C’est du moins ce que suggère une recherche menée à Lyon sur l’habitat collectif. Voir Boutreux, T., Bourgeois, M., Bellec, A. et al., 2024, “Addressing the sustainable urbanism paradox: tipping points for the operational reconciliation of dense and green morphologies”, Npj, Urban Sustainability, vol 4, n° 38. Pour plus de détails, voir la thèse de Boutreux T., op. cit., 2024
[58] Voir, Baudouin, E., 2026, « Le jardin pavillonnaire, nouvel objet foncier de la ville dense », Fonciers en débat, mis en ligne le 9 juillet. Voir aussi pour d’autres propositions Charmes, E., 2014, « La transformation des quartiers pavillonnaires en question », La revue foncière, n°2, novembre-décembre, p. 21-25
[59] Darly, S., 2025, art. cit.
[60] Bugeja-Bloch, F., & Lambert, A, 2020, « Le logement, vecteur des inégalités », La vie des idées, mis en ligne le 27 avril.
[61] Cette mise en application est prévue pour la mise en œuvre du ZAN à partir de 2031. Sur le décret, voir : Charmes E., 2023, « Jusqu’où les surfaces urbanisées sont-elles « artificialisées » ? A propos du projet de nouveau décret sur la nomenclature des sols », Fonciers en débat, 25 juin

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