Du Far West à la ville, L’urbanisme commercial en questions [Christian Garcez et David Mangin, éd]

Parenthèses, 2014.

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L’urbanisme commercial est une question d’autant plus complexe que les formes que prend le commerce sont diverses. À la gamme qui va de l’épicerie à l’hypermarché viennent s’ajouter le drive ou le e-commerce, sans parler du développement commercial dans les faubourgs ou du réinvestissement des centres-villes par les grandes enseignes. C’est ce que nous rappelle P. Renoir, dans un des chapitres de cet ouvrage collectif, avant de conclure au rôle essentiel des implantations situées en périphérie, où seraient localisés 80 % des projets actuels.

Ce qui explique probablement que les entrées des villes soient au cœur de cet ouvrage issu de l’Atelier national « territoires économiques » de 2012. La première partie cadre les débats, la deuxième expose les réflexions menées sur 8 sites en France dans le cadre de l’Atelier national et la troisième propose d’identifier des leviers d’évolution de l’urbanisme commercial. L’occasion de rappeler que les documents d’urbanisme, notamment les SCoT, ne peuvent contraindre l’implantation commercial (respect de la libre concurrence oblige) qu’au prix de multiples circonvolutions… pour des résultats mal assurés (voir le texte de A. Palmiers et D. Laborey). Et le foncier dans tout ça ? Il est évoqué, comme souvent en matière d’urbanisme, mais ne fait pas l’objet de réflexions approfondies. Pourtant, on sent bien que le rôle des propriétaires, envisagé ponctuellement, est essentiel. L’article de P. Madry a quant à lui le mérite de proposer une approche via la filière de production de l’immobilier commercial. On y lit bien le rôle du foncier et de la charge foncière dans l’emboîtement des bilans des opérateurs, du propriétaire à l’uti- lisateur, en passant par l’aménageur et le promoteur. Si l’auteur a déjà exposé ses idées par le passé, elles n’en gardent pas moins leur intérêt. Puisqu’elles conduisent à souligner que si les urbanistes doivent se préoccuper de la surproduction de m2, c’est davantage pour des raisons de développement à venir des friches, que pour lutter contre une « consommation foncière » excessive des zones commerciales.