Le dernier qui s’en va éteint la lumière, essai sur l’extinction de l’humanité [Paul Jorion]

éd. Fayard, mars 2016, 281 p

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Anthropologue de formation, Paul Jorion est pourtant, le plus souvent, perçu du public comme un économiste (il est connu pour avoir annoncé la crise des subprimes et son blog est très suivi). Son originalité est sans doute d’analyser le discours économique de l’extérieur, comme il le ferait s’il était en train d’étudier le corpus légendaire du peuple Dogon. Dans le présent ouvrage, où l’auteur se laisse parfois emporter par le plaisir de l’écriture et des citations inattendues, il va un peu plus loin : il propose un parallèle entre les comportements des acteurs économiques et ceux d’une espèce invasive de petits rongeurs se bousculant pour avaler les dernières ressources de leur biotope, grimpants les uns sur les autres en application des règles d’une parfaite rationalité individuelle (le fameuxhomo œconomicus, cher aux néolibéraux) jusqu’à produire en toute liberté le désastre final. Amusant antidote à la lecture de l’ouvrage de Jean Tirole évoqué plus haut.