« Reconstructing production efficiency, land use and trade for livestock systems in historical perspective. The case of France, 1961-2010 » [Souhil Harchaoui, Petros Chatzimpiros]

Land Use Policy, pp 378-386

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Etude historique de la productivité de la production animale en France selon l’espèce, en lien avec les besoins fonciers, un marché virtuel de la terre et le bilan énergétique du secteur animal. La composition de la ration alimentaire des animaux est reconstituée dans le temps selon les produits végétaux et tiennent compte des besoins fonciers en lien avec les chan- gements de l’alimentation. Les besoins fonciers ont diminué de 28 % durant la période, alors que la population humaine augmentait de 35 % et la consommation de produits animaux de 53 %. Le doublement de la productivité est dû, pour moitié, à l’amélioration de l’efficacité énergétique de l’élevage et, pour moitié, aux rendements des productions végétales. Dans son ensemble, l’efficacité énergétique de l’élevage a augmenté de 45 % de 1961 à 2010, soit 84 % pour les volailles, 17 % pour les porcins, 67 % pour les ovins et 27 % pour les bovins. La part des céréales et oléagineux dans la ration animale a dou- blé alors que celle des prairies a diminué de 35 %. Les importations d’oléagineux destinés à l’alimentation animale équivalent aujourd’hui à 0,9 million d’hectares de terre, après un maximum de 1,9 million en 1979. Au-delà de sa dépendance aux oléagineux importés, le secteur animal français affiche une exportation nette virtuelle de terre allant de 2,5 à 5,3 millions d’hectares durant la période. Les exports-imports virtuels brutes de terre sont cinq fois supérieures aux échanges virtuels nets. La différence montre l’importance des échanges croisés dans des marchés agricoles internationaux de plus en plus intégrés.